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Niamey
26 mars, 2025
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Point de vue : Le pouvoir des impuissants

Dans le monde, ce sont les armes et l’argent qui règnent, pour lesquels tout est fonctionnel. Les guerres sont conçues pour régénérer et perpétuer l’économie des riches, dont les crises cycliques du capital révèlent les mécanismes d’expropriation. La « destruction créatrice » est en réalité un jeu de massacre dont les catégories humaines les plus fragiles, à commencer par les enfants, sont, dès le début de la révolution capitaliste, les premières victimes. Les militaires, avec ou sans uniforme, sont aux commandes et sont pris, bien souvent, pour des libérateurs par les démocraties « inutiles » et « corrompues » des partis politiques dont les Constitutions sont considérées comme de pitoyables expressions.

Dieu n’a plus aucun pouvoir. Il est utilisé, abusé, manipulé, intégré et surtout prié de le laisser à ceux qui défendent ses intérêts, ses valeurs et sa crédibilité. Il se retrouve otage de ceux qui s’arrogent le droit de défendre sa cause. Non depuis aujourd’hui en exil volontaire, il préfère s’éloigner des sanctuaires, des temples et des monuments construits à son insu pour un honneur qu’il n’a jamais cherché à obtenir. Présent dans toutes les absences et les trahisons de l’humain, il ne se laisse pas enrôler parmi les demandeurs d’asile, et encore moins dans les interminables statistiques visant à définir les « vulnérables » du moment.

Les paysans des villages voisins de la ville de Makalondi, à moins de 100 kilomètres de la capitale Niamey, ont été expulsés de leurs maisons, de leurs champs et de leurs biens, non sans avoir payé la taxe rituelle prescrite, au nom, justement, de Dieu. Dans le silence assourdissant de la presse, depuis quelques jours, des dizaines d’autres familles ont rejoint les camps de personnes dites « déplacées » et en réalité déracinées de leur terre. C’est à elles qu’est confié le pouvoir de l’histoire, car les pauvres en ont reçu la version définitive. Sur le sable, il est écrit que « les puissants sont renversés de leurs trônes et les humbles sont élevés » dans le vent. De loin et sans le donner à voir, le Dieu volontairement confiné parmi les déplacés, sourit.

          Mauro Armanino, Niamey, mars 2025

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