_« Restons unis […] l’histoire nous enseigne qu’on est toujours vaincu par sa propre faute et toujours victorieux par la faute de l’adversaire » , a déclaré Issoufou Mahamadou à l’occasion du 8ème congrès ordinaire du PNDS-Tarayya tenu en décembre 2022. Propos prémonitoires ? Possible. Une chose est certaine, le PNDS-Tarayya n’est pas mort de sa belle mort. Comme l’ensemble des formations politiques de notre pays, l’emblématique parti socialiste nigérien a eu un enterrement de première classe ce 26 mars 2025. Le PNDS-Tarayya n’est pas vaincu par quelques adversaires politiques. Le mal a germé de l’intérieur, pour ainsi dire.
Nombreux sont les tenants de la thèse qui place Issoufou Mahamadou au cœur de la combine ayant sapé les fondations du PNDS-Tarayya et causé le renversement de Bazoum Mohamed. À ce sujet, ‘’Zaki’’ a porté plainte pour diffamation contre l’ancien ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itté. Sitôt après les événements du 26 juillet 2023, Issoufou Mahamadou est accusé par certains d’avoir défendu l’idée d’une ‘’courte transition’’. A-t-il voulu reprendre les choses en main, le plus tôt possible, sans son ‘’frère et compagnon politique’’ de 30 ans ? Sur ce point, le flot d’accusations n’est pas près de tarir.
Issoufou Mahamadou aime diriger, au sens stalinien du terme. Question : la mise en œuvre de la Refondation (et les 60 mois de bail aux commandes du Niger accordés au général d’Armée Abdourahamane Tiani) ne vient-elle pas atomiser les plans de l’ancien chef de l’État ? Il est possible que le désir obsessionnel d’un retour aux affaires que d’aucuns prêtent à Issoufou Mahamadou s’en trouve contrarié. Mais attention, l’homme n’en est pas à sa première ruse politique. Ne compte-t-il pas renaître des cendres des partis politiques dissous ? Quand et comment ? Bien malin celui qui pourrait répondre à ces interrogations dans l’immédiat.
Il est aussi possible que Zaki soit confronté au scénario du pire au moment où il s’y attend le moins. Dans sa marche vers la Refondation, le CNSP ne peut courir le risque de se discréditer aux yeux du peuple en s’accommodant du boulet que constitue l’ancien président de la République. Le patron du CNSP a promis « justice» aux Nigériens. Dès lors, est-il tolérable pour Abdourahamane Tiani et ses compagnons d’armes de fermer les yeux sur les avantages princiers dont jouit Issoufou Mahamadou au détriment des deux autres anciens chefs d’État (Ousmane et Salou) ? Certainement pas. C’est dire que la météo pourrait se gâter à tout moment pour Zaki. Aura-t-il alors le temps de jouer sa dernière carte ? Rien n’est moins sûr. Issoufou Mahamadou a marché sur beaucoup trop de cadavres. Le karma ne pardonne pas, dit-on.
Sidi Tiégoum